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  Histoire Vivante, Reconstitution Historique de la Seconde Guerre Mondiale: I. Profils et castes. Apports du praticien réflectif

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MessageSujet: Histoire Vivante, Reconstitution Historique de la Seconde Guerre Mondiale: I. Profils et castes. Apports du praticien réflectif   Mar 20 Nov - 14:25

Cpt Scheffel's fighter a écrit:
Avertissement : Cette réflexion n'engage que moi... Mais elle peut ouvrir le débat !

Citation :

Histoire Vivante, Reconstitution Historique de la Seconde Guerre Mondiale.
I. Profils et castes. Apports du praticien réflectif

Certains la nomment Reconstitution Historique, d’autres Histoire Vivante, mais le but semble être le même pour ses pratiquants : Porter un uniforme, se travestir au final. Oui on aurait pu attendre autre chose, une autre conclusion et surtout pas aussi rapidement. On aurait aussi pu croire à une glorification du pratiquant par un pratiquant, mais il n’en est rien. A quoi servirait-il d’écrire s’il n’y avait pas de problème(s) ou de question(s) à soulever ?

J’ai attaqué fort c’est vrai et je compte bien me rattraper, je ne parlerais plus de se travestir, juste se déguiser. Car au final ce n’est pas ce que tout pratiquant fait ? Alors c’est vrai, certains le font mieux que d’autres, mais le résultat reste le même : La reconstitution historique ou l’histoire vivante, c’est avant tout des personnes déguisées, et les non-initiés ne comprennent pas bien pourquoi nous faisons cela le temps d’un week-end. Les motivations sont nombreuses, et de tout calibres. Je ne m’attacherais pas ici à les juger, étant extrêmement subjectif, non-tolérant et virulemment fermé. Personne n’est parfait.

Assez parlé de moi, c’est déjà trop ! Par ce papier, j’aimerais définir si l’histoire vivante, appelons-la comme ça dorénavant, apporte quelque chose à l’Histoire, et si oui quels sont ces apports ; et par l’intermédiaire de qui.

On parle aujourd’hui, pour les plus optimistes et les plus présomptueux, d’archéologie expérimentale, ou d’historie vivante comme nommé précédemment. Dés lors, la reconstitution historique peut-elle être considérée comme science ? Au même titre que l’archéologie, que la calligraphie ou toute autre branche de l’Histoire. Il est vrai que pour les plus perfectionnistes, cela peut se rapprocher fortement d’une science. Bien curieuse, certes, mais science à part entière malgré-tout. Cependant il faut bien distinguer les différentes classes de pratiquant au sein de ce qui reste pour l’instant « qu’un » loisir.

Tout d’abord, le reconstituteur[1]. Le reconstituteur comme il se nomme lui-même, achète des pièces d’uniforme ou d’équipement rapidement. Ses achats sont facilités aujourd’hui par les nouveaux moyens de communication. Internet bien sur, où il peut trouver tout le chinois qu’il veut, et payer rapidement via Paypal, démon des collectionneurs. C’est la classe la plus nombreuse. On peut encore classer dans cette classe en allant du bon au mauvais reconstituteur, mais tout le monde peut le faire et ce n’a que très peu d’intérêt dans le présent exposé. Le reconstituteur apparaît vers les années 2004, aidé par les soixantièmes anniversaires qui poussent les asiatiques à inonder le marché de la reproduction par des copies[2]. Caricaturalement, le reconstituteur est un peu le Ken-Rambo déguisé et impeccable. Il est également à signaler que le reconstituteur ressent le besoin de porter un maximum d’armement et de munition, et est souvent qualifié par les plus sérieux de « sapin de Noël ». Je vous laisserez seuls juges des qualificatifs que j’emploierais, souvent repris d’expressions entendues ou lues, me dédouanant ainsi de toute responsabilité.

Arrive alors le véhiculiste. Encore un terme inventé, mais celui-ci n’est pas inventé par le porteur, comme le précédent. Le véhiculiste est une personne droite dans ses bottes, sans prétentions aucune sauf de présenter sa monture très bien entretenue (voir trop parfois) au public toujours présent car friand de belles mécaniques. Il est le plus critiqué, alors qu’au final il s’autocritique lui-même en se déchargeant de responsabilité vis-à-vis d’une certaine qualité demandée par on-ne-sait-qui. Car oui, chacun se fixe sa propre notion de qualité. Le véhiculiste, souvent généreux, est souvent accompagné du reconstituteur en quête de sensations motorisée pour se percher au plus haut lors de défilés, et ainsi montrer à qui veut son superbe arsenal. Le véhiculiste est, il faut le dire, le pionnier dans ce milieu de manifestations militaire de la seconde guerre mondiale. Dés le début il est là, proposant de belles jeeps Willys, de beau GMC et parfois même un Sherman ou un Half-Track ! Quoiqu’on en dise, ils savent qu’elle est leur place, et ils ne prétendent pas à la reconstitution historique en tant que telle.

Vient ensuite la classe de « l’acteur de reconstitution ». Qualification que je viens de déterminer, l’acteur de reconstitution est en fait un qualificatif correcte au niveau grammaire française, pour des prestations correcte au niveau reconstitution historique. Soucieux du détail, très militaires et très carrés dans leurs démarches, ces gens-là proposent de magnifiques saynètes et/ou de magnifiques shows assez bien réalistes. Leur aspect général est « authentique », ils aiment la précision et vont jusqu’à porter les sous-vêtements adéquats. De vrais acteurs au final, qui font un travail de recherche technique impressionnant pour augmenter le réalisme. Aux Etats-Unis certaines de ces associations se nomment d’ailleurs Realism Unit, ce qui annonce déjà la couleur. Ils ont leur propre véhicules, leur propre matériel, et ne se mélangent pas aux autres classes, qu’elles soient mauvaise, ou meilleures ! C’est généralement dans cette classe aussi qu’il existe le plus de concurrence et de rivalité, qui se concrétisent par des dépassements, des « actions de publicité coup-de-poing », et surtout des critiques négatives de l’un et l’autre dans ce milieu très fermé. Cette classe apparaît vers les années 90, ou quelques associations tentent de reproduire ce que font les groupes d’Empire, médiévales ou romaines, version Libération 1944.

Pour terminer, une dernière classe, qui est celle des Historien Vivant. Vous l’aurez compris, celle que je considère comme étant non pas la meilleure (chacun voit midi à sa porte), mais bien la plus intéressante et la plus pédagogique. L’Historien Vivant est d’abord et avant tout passionné d’histoire et à ce titre, je le considère comme historien amateur. La reconstitution, bien qu’agréable et attractive, est pour lui un ajout à ses recherches. Il privilégiera d’ailleurs toujours l’apport théorique de l’histoire que ses expériences du terrain, en bon historien. De bonne qualité au niveau rendu, esthétique et réalisme, mais surtout d’excellente qualité au niveau historique, sa passion c’est d’abord la recherche et l’histoire très ponctuelle voire, anecdotique. Il connait tout jusqu’à la couleur du caleçon d’un simple soldat, et en connait les raisons et conséquences ! C’est le vrai passionné et cela se voit ! Il privilégiera toujours l’historique plutôt que le reste, et n’hésitera pas à se renseigner sur l’histoire locale de la libération de chaque endroit où il va acter. Car il acte, au même titre que la classe précédente, car c’est aussi un excellent praticien, sauf qu’il est praticien réflectif.

J’avoue ici ne pas avoir été très objectif dans mes description et mon classement et je l’assume totalement, mais ce que j’ai écris est dicté par mes convictions, et je ne peux décemment pas porter crédit à un groupe de personnes opposé à mes idées, dans ce genre de papier.

Si j’ai décrits ces « castes », c’est pour en venir directement aux faits : les apports, seuls quelques personnes arrivent à en offrir à l’histoire. Elles font bien sur partie des praticiens réflectifs, qui, à force de recherches et d’expériences, parviennent à découvrir certaines choses ou certains faits jusqu’alors encore inconnus voir insoupçonnés. Il n’hésitera pas à se pencher sur certains thèmes dénigrés voire considérés comme inintéressants par ses pairs, en réussira à en faire de véritables sujets d’histoire. C’est leur passion qui les guide et leur donne les ressources nécessaires. Cette passion qui les empoisonne jusqu’à ne plus avoir le sens des réalités pour certains, ou à frôler la barre du professionnalisme pour d’autre.

Mais s’il existe vraiment des apports majeurs de l’Histoire Vivante à l’Histoire, et que ce sont des passionnés et non des professionnels qui en sont les acteurs, il reste néanmoins un point sensible mais que je me dois de souligner, c’est ce qu’appelle un bon ami le « politiquement correct ». Je dois dire honnêtement qu’en réfléchissant à cette présence de politiquement correcte dans la reconstitution historique de la seconde guerre mondiale, j’y ai trouvé plusieurs sens mais j’en ai retenu un, qui n’engage que mon interprétation personnelle. Je veux parler de ce fameux… devoir de mémoire. Formule qui aujourd’hui n’a plus aucun sens à mes yeux parce que trop utilisée, le devoir de mémoire est devenu le cheval de bataille de toute personne n’assumant pas ses motivations ou n’en ayant pas conscience. Ils se voient alors offrir une excellente opportunité de jouer légitimement au GI en Europe, n’hésitant pas à aller très loin dans le délire, et pour le pire, à ne plus faire la part des choses entre leur vraie vie, et celle qu’ils s’inventent le temps d’un week-end. Le devoir de mémoire est une notion relativement jeune et qui est utilisée par toute personne pour justifier une action imposée sur d’autres, ou pour justifier ses propres actions. Nos pratiquants l’utilisent à foison quand il faut expliquer pourquoi ils font ça, mais nos politiciens, des réalisateurs, des auteurs, et d’autres l’utilisent également pour justifier une production concrète, soit parce qu’elle peut être mal accueillie, soit pour se rassurer.

L’Histoire, et la Mémoire, c’est différent ; et est rare celui qui, lors de manifestations de commémorations de libération ou de reconstitution historique, arrive à faire la différence, et à assumer sa passion. Et cette utilisation de Mémoire est relativement neuve, depuis une vingtaine d’année, nous dit Laurence Van Yperseele, contemporanéiste de l’UCL, les prétexte de Mémoire sont légion. Il suffit de voir la prolifération et le succès de manifestations commémoratives, ainsi que leur évolution exponentielle. Les cérémonies du souvenir se transforment en fête populaire dans lesquelles plus personne ne se souvient, surtout les lendemains de la veille. D’un autre coté, si ce politiquement correct n’existait pas dans ce milieu, vous auriez quatre-vingt pourcent de personnes perdues ne sachant quoi répondre à l’inévitable question du pourquoi. Alors au final, n’est-ce pas plus mal d’avoir cet autocontrôle ?

Citation :

[1]Terme péjoratif que je lui accorde car il n’existe pas encore de terme adapté
au pratiquant. On peut parler de reconstituant, mais reconstitueur n’existe pas
encore, ni même reconstituteur qui n’existera, lui, jamais, pour de simples
raisons de grammaire française.

[2]Ma petite pirouette ici fait références à une distinction que j’ai pris la
liberté de faire entre reproduction d’uniforme et copie d’uniforme. Vous l’aurez
deviné, le second terme est péjoratif et décrit bien-entendu les réalisation de
basses qualités généralement asiatiques, tandis que le premier terme décrit les
réalisation – souvent américaine – qui tendent au plus proche de la réalité.

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