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 Immersion : Staff Sergeant Thomas M Rice, 2nd platoon, C/501 PIR

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Gliderpilot50
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MessageSujet: Immersion : Staff Sergeant Thomas M Rice, 2nd platoon, C/501 PIR   Lun 22 Oct - 20:11

gennaker a écrit:
Et pour être toujours plus proche des troopers héros des sites traversés par la prochaine Carentan Liberty's march, voici les aventures normandes du Staff Sergeant Thomas M Rice de Coronado California. Tom avait 23 ans lorsqu'il embarque à Merryfield le 5 juin à 10 heures 21 BDST à bord de son C 47, serial 14 transportant C Companty, 501st Parachute Infantry Regiment, vers la Drop Zone "D" N°1 de son stick de 18 hommes, il devait être le premier à quitter l'appareil une fois éjectée le "equipment bundle chargé à bord et les 6 para packs fixés sous le ventre de l'appareil. "Hear, Hear!"


"Plan de vol de l'invasion:
Décollage à 10 heures 21 British Double Summer Time de Merryfield Airdrome
Distance à la Drop Zone : 136 miles
Temps de vol estimé : Pathfinder : 54 mn, paratroopers, 58 mn, gliders, 72 mn
Formation en "V of V" de 45 avions pour le regiment moins 3/501.
Altitude de vol : 500 pieds (152 m) jusqu'au Cotentin, puis 1 500 pieds (457 m) , et 700 pieds (213 m) pour le saut.
Vitesse de vol : 150 milles/heure (241 KM/H) , réduit à 110 miles /H (177 km/H) pour le saut

Récit :les souvenirs de jours et de nuits qui émergent du brouillard des temps passés. La nuit où j'ai sauté d'un C-47, sur un territoire de France tenu par l'ennemi et au coeur de l'enfer est une de ces nuits. le rideau de feu créé par les mitrailleuses que j'ai dû traverser est un de mes cauchemars. Ce fut le début d'une période de souffrances inimaginables, qui est allée en empirant avec chaque saut de combat. Ma première pensée a été de me dire que si nous ne récupérions pas une fois au sol nos "equiment bundles", on allait se trouver à poil devant les allemands.
Le Lt Janssen a essayé de nous calmer alors que nous nous serrions les uns les autres debout et en ligne pour sauter. Mes nerfs étaient comme de la bidoche suspendue à un croc de boucher. Le Lt Janssen appela le pilote par l'Intercom et lui demanda de ralentir l'appareil jusqu'à la vitesse autorisée pour le saut car on fonçait à plus de 165 milles/heure (265 km/H au lieu des 177 autorisés) "On ne peut pas sauter à cette vitesse " cria t'il. Le pilote refusa de ralentir et continua de voler en zig zag pour éviter le feu de la Flak. Les lumière rouges et blanches de la taille d'une pièce de 50 cents au dessus de la porte s'éteignirent, et la lumière verte s'alluma. Nous devions sauter sur la Drop Zone D, qui avait sûrement été inondée. le bundle plein de rations K fut poussé hors de la porte par le Lt Janssen et le chef d'équipage. Je tenais le second bundle sur le rebord de la porte, prêt à le balancer dans le vide. Lt Janssen m'aida à le positionner quand un 20 mm éclata près de la porte et toucha le bundle. L'explosion me propulsa de l'autre côté de la carlingue. Après être revenu à moi, sans avoir été blessé, je réalisai que nous avions dépassé la DZ. L'appareil volait toujours en zig zag. Il battait d'une aile sur l'autre, et nous avions les plus grande difficulté à ramener vers la porte le bundle qui pesait ses 150 kgs. Lorsqu'il fut dans l'embrasure, les N° 2 et 3 du stick, Franck Ficarrota et Tony Das actionnèrent un commutateur électrique et et actionnèrent un levier qui libéra les 6 bundles attachés sous l'appareil. Libéré de ses 900 kg d'équipement, le C-47 fit un bond en altitude. Je poussai le bundle par la porte et le suivis dans le vide. Le vent de la course me projeta contre la carlingue et mon bras gauche, resta accroché à l'intérieur à hauteur de mon aisselle. J'étais suspendu à l'extérieur de l'appareil, accroché à la partie infériure de l'embrasure de la porte. Mon corps heurtait le fuselage au rythme des soubresauts de l'appareil. Les paras N° 2 et 3 sautèrent par dessus moi. Mon casque était basculé sur mes yeux. Mes jambes étaient regroupées autour de mon parachute ventral. Je suis resté ainsi plusieurs secondes, puis j'ai repoussé mon casque en arrière et j'ai déplié mes jambes. Je voyais la queue de l'appareil et les static lines qui battaient contre le fuselage Je suis parvenu à me contorsionner et à tendre mon bras, pour me libérer de l'avion. En quittant l'appareil, mon bras frotta durement contre le seuil de la porte, et ma toute nouvelle montre Hamilton fut arrachée. Je tombais, dans une très mauvaise posture, et avais l'impression de flotter. Le parachute se déploya à 350 pieds (106 m) avec une terrible secousse, qui resserra durement mon harnais. L'air était vif et dense, et j'oscillai terriblement de droite et de gauche. J'essayai en vain de corriger cela en tirant sur mes suspentes. Je n'y voyais rien. La nuit était noire tout autour de moi. Je touchai durement le sol et roulai sur le côté...."
A SUIVRE...
Thomas en 1943 (notez le patch Airborne Command car le 501st n'a été affecté à la 101st AB que le 8 janvier 44 en Angleterre.
gennaker a écrit:
Mon parachute est demeuré gonflé par le vent et il a commencé à me tirer vers un canal. Je suis parvenu à l'affaler mais je ne réussis pas à détacher mon harnais. A cause de tout l'équipement que je portais et au choc de l'ouverture, il était serré à mort et impossible à défaire. Je sortis donc le petit canif que je portais dans la poche secrète de la M 42 jump jacket, et, étendu au sol, commença à couper les sangles. Elles étaient très épaisses et très robustes, et j'en avais à peine entamé la moitié quand les N° 2 et 3 de mon stick, Franck Ficarotta et Tony Das arrivèrent et m'aidèrent à me libérer. Croyez moi! j'étais heureux de les voir! Ce bon vieux Ficarotta! mes pensées s'envolèrent une second au temps où, durant les Tennesse maneuvers, Franck et moi furent punis pour avoir perdu des morceaux de notre mortier!
Aujourd'hui, quand je repense à ces moments suivant mon atterrissage, j'ai de drôles de souvenirs. Durant les quelques secondes qu'il m'a fallu pour me reconcentrer sur les tâches à venir, je me dis que j'avais beaucoup de chance d'être toujours en vie. Et j'eus soudain très faim!Je voulais faire un festin, et Franck et Tony étaient là eux aussi pour trouver à manger. Puis j'eus envie d'être ailleurs, de retrouver le confort de ma vie d'antan, et de redevenir quelqu'un qui a un avenir... Mon cerveau reprit brutalement le dessus. Franck et Tony avaient récupéré le bundle contenant le mortier et on se répartit les charges pour pouvoir progresser le plus rapidement. Le reste de notre mortar squad semblait avoir été terriblement éparpillé. Notre N° 18, Marvin Buskirk, avait atterri dans la Manche, à 140 mètres du rivage. A peine capable de se maintenir hors de l'eau dans le fort clapot, à demi englouti par les flots et avalant force bouillons, il parvint à se libérer d'une partie de son équipement et de se débarrasser de son parachute qui l'entrainait de plus en plus loin en Manche. Il réussit à s'en sortir uniquement parce qu'il était en parfaite condition physique, e tant qu'ancien boxeur. A peine 10 minutes après avoir atteint le rivage, il fut blessé. Il parvint à rester en vie, et dix jours plus tard, il combattait avec nous pour la prise de Carentan...."

TO BE CONTINUED
gennaker a écrit:
En faisant route à l'ouest dans l'obscurité Tony, Franck et moi sentîmes soudain la peur nous envahir. C'était une peur spéciale, par de la terreur pure. Nous étions entrainés pour combattre. Notre peur était comparable à ce que pouvait ressentir un tigre au moment d'attaquer un grizzly.Nous savions qu'une bataille sanglante nous attendait. je décidai de marcher vers l'est, d'où arrivaient les avions, afin d'avoir plus de chances de retrouver d'autres paratroopers.
En progressant sans la nuit, on apercevait au loin des lumières des explosions des canons anti aériens et on entendait le bruit des détonations. Tony, Franck et moi avancions dans un pâturage d'herbes grasses. Nous fûmes stoppés par un petit canal qui courait perpendiculairement à notre axe de progression. Tony dit "On est piégé?" On longea le canal un petit moment mais ne pûmes trouver de gué par où le traverser. Nous portions chacun un morceau du lourd mortier, en plus de nos équipements personnels (j'avais une Thompson et toutes les munitions de .45)Le canal faisait bien 2,50 mètres de large, avec des rives très escarpées. je me dis que je pouvais le sauter d'un bond. je pris mon élan et sautai, sans me soucier de tout mon équipement qui me battait le corps. mon pied toucha l'autre rive et s'enfonça dans la vase. je m'étamais de tout mon long sur l'autre berge. Franck Ficarrotta sauta mais de manière beaucoup trop molle, et il atterrit en plein milieu du canal, avec à bout de bras la base du mortier et tout son équipement. Il coula à pic et ses pieds s'enfoncèrent dans la vase. Comme il ne refaisait pas surface, nous avons dû aller le tirer de là. il en oublia complètement où il se trouvait et remplit l'air normand de tous les jurons qu'il connaissait. Tony Das nous lança les autres parties du mortier et parvint à sauter sans problème. Franck Ficarrota et trempé comme une soupe et sentait la vache! Tout notre vacarme attira quatre troopers de notre squad qui passait sur une route en bordure du canal. Ils sortirent leurs crickets et murmurèrent le mot de passe "flash", auquel nous répondîmes par "thunder", et nous reçumes le "countersign" "welcome. Nous avions fait notre jonction. Nous étions 7 à présent, et n'avions aucune idée de notre location. mais au moins étions nous vivant. Il était 1heure 50, ce 6 juin 1944...

To BE continued.

Tony Das


Franck Ficarrota
gennaker a écrit:
"...Comme nous descendions le long d'un petit chemin, vers Addeville espérions nous, un autre groupe de paratroopers nous rejoignit. Nous avions pour l'instant beaucoup de chances de nous regrouper ainsi sans attirer l'attention de l'ennemi. Je reconnus parmi ce nouveau groupe des gars qui étaient dans le même avion que moi.. Leur leader s'approcha de moi et me demanda que faire d'une grenade dont la goupille était perdue. S'il relâchait la "cuiller", au bout de 5 secondes, tout pouvait lui péter à la figure. Même s'il avait retrouvé la goupille, il aurait eu du mal à la remettre en toute sécurité. .Je lui demandai de me la remettre et il me la tendit avec précaution. J'ai fait allonger tous les hommes sur le chemin de terre et j'ai jeté la grenade dans le canal. Je me suis jeté à terre en comptant mentalement. A "5", la grenade a explosé, nous éclaboussant de flotte et de boue. Franck Ficarrota jura de plus belle car il était toujours trempé comme une soupe. "The war was on!!"

La peur qui nous collait au corps cette nuit là avait pour effet de nous épuiser totalement. Je me rappelle m'être fait la réflexion cette nuit là que dans de telles conditions de tension nerveuse, je me surprenais à beaucoup plus de cruauté que je ne me croyais capable. Il y a quelque chose de désespéré là dedans. Votre âme est conditionnée pour tuer! Tuer peut être propre! Un ennemi est un ennemi, et aussi longtemps que vous croyez cela, vous êtes capable de tuer! Vous tirez pour tuer!La torture est un truc dégueulasse. La torture est barbare, lâche, vicieuse, qui rabaisse la victime et le bourreau.

Silencieusement, on s'est organisé en patrouille, cherchant les ennuis, ou cherchant à provoquer le foutoir. On progressait en squad le long de la route vers Addeville. J'aperçus une ferme à environ 80 mètres sur la droite de la route. Il nous fallait essayer les tactiques apprises depuis un an et demi. Je donnais l'ordre d'encercler la ferme, et si elle contenait des allemands, de les faire prisonniers ou de les tuer. On nous avait dit de ne pas faire de prisonniers. Je dis à Floyd Martin de frapper à la porte et d'agir en être humain. Nous le couvrions de toutes nos armes au cas où il était pris à parti. Mais au lieu de frapper gentiment comme un être civilisé, il cogna brutalement sur la porte avec la crosse de son M1, provoquant un bruit sourds qui se répercuta dans tous les champs environnants.. Un instant plus tard, un paysan français apparut dans l'embrasure de la porte, habillé d'une longue chemise de nuit qui trainait par terre. Il portait un bonnet de nuit blanc et il tenait à la main une soucoupe dans laquelle il avait placé un bout de chandelle allumé. On aurait dit une scène sortie de Charles Dickens! Comme il ne parlait pas anglais, je le repoussai à l'intérieur et pénétrai derrière lui à la recherche d'éventuels soldats allemands. Je n'en trouvai aucun. Nous étalâmes une carte sur le sol et cinq d'entre nous essayâmes d'obtenir du français qu'il nous montre où nous nous trouvions. Après de grands gestes, il reconnut la ville de Carentan à la lueur de sa bougie. A son avis, Carentan était à 4 km au sud. Pendant que nous essayions de nous orienter, la femme du paysan entra dans la salle. Elle était vêtue d'une chemise de nuit blanche et son visage était rempli d'épouvante. La bougie qu'elle tenait à bout de bras tremblait fortement. Elle ne dit rien, mais semblait très inquiète pour son mari. On essaya par quelques signes de les rassurer, et de leur dire que nous ne leur voulions aucun mal, et que nous allions bientôt partir.
Les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre. Nous savions à présent où nous étions. Il n'y avait aucun ennemi en vue. Trois hommes partirent en éclaireur vers ce qui ressemblait à un point de défense ennemi. Ils passèrent près d'un cheval blessé. Nous ne trouvâmes pas d'ennemi, et nous intéressâmes au cheval. Sa bouche était déchiré par un éclat de schrapnel, et il saignait beaucoup. Notre medic Robert Schill pratiqua un peu de médecine militaire et banda la blessure. Le cheval renifla en secouant la tête et partit au trot, essayant d'enlever le pansement. Nous reprîmes notre progression, cette fois par équipe de deux car nous approchions des maison d'Addedville...."

La progresion du mortar squad de Tom Rice la nuit du 5 au 6 juin...
gennaker a écrit:
En approchant des abords d'Addeville, qui n'était qu'un ensemble de maisonnées autour de quatre rues bordées de fossés, de haies et de murets de pierre, je tombais sur un lieutenant du 326th AEB, qui se tenait à l'entrée d'un grand pâturage. Il m'interpella : "Hey! Sergeant! approchez par ici!"Il me donna un ordre : "Faites le tour de ce champs, et attirez le feu des snipers allemands qui rôdent da le coin!" Comme ça! il me demande d'aller faire un tour au paradis exactement comme si j'étais Jésus! L'officier m'assura qu'il allait me couvrir durant cette mission. Son idée était de descendre le sniper, et je lui servais d'appât! Le périmètre du champ faisait à peu près 500 mètres. Avec un mélange de témérité et de prudence, je parvins à faire le tour du champs sans être blessé. Quand je revins à mon point de départ, je m'attendais à ce que ce lieutenant me dise ce qu'il avait observé ou pas. Au lieu de cela, il avait disparu purement et simplement. Je restais là, à réfléchir à sa lâcheté, et je me dis que je venais d'apprendre quelque chose sur les hommes. Je me dis aussi qu'il était imprudent de revenir sur ses pas comme je l'avais fait. Je me dis que je devais être responsable de moi-même. On ne gagne pas en se sacrifiant stupidement. Il faut s'arranger pour que ce soit l'ennemi qui se sacrifie. Et enfin, j'arrivai à la conclusion qu'il fallait éviter la panique et la confusion qui font faire des choses idiotes au combat. Le plan de cet officier n'était pas bon! C'était un lâche qui allait se faire tuer des NCOs inutilement. Un soldat ne suivra pas avec enthousiasme un gradé sauf s'il montre lui-même du courage et de la considération pour ses hommes. Ne jamais provoquer les embuscades en patrouillant le long de la même route. C'est là une violation des règles primaires de l'infanterie. La confiance en un platoon leader se trouve au plus profond de son âme, pas dans la vie de garnison de tous les jours. je n'irai pas au combat avec ce type de gars.
gennaker a écrit:
Les allemands croyaient qu'un sniper qui venait de tuer un américain pouvait, s'il était isolé sans issue pour s'échapper, sauter de son arbre ou de l'endroit où il se cachait, lever les bras et être reçu avec les honneurs de la guerre. Nous ne voyions pas les choses de la même manière, et nous le descendions sans autre forme de procès.Si un "Heinie" (surnom donné aux allemands par les GIs' ndlr) commençaient à rouspéter ou à gueuler alors qu'il avait les mains en l'air, dans le but d'alerter ses petits camarades, on le passait à tabac! Tout allemand qui se rendait en gueulant comme un putois, était ainsi condamné. Nous acceptions les rédditions, mais sans ces trucs vicieux.
Je venais de passer mon premier examen de survie avec cette première nuit de guerre. Il y en aurait beaucoup d'autres à venir. Certaines me seraient presque fatales. Plus la guerre durerait, plus mes chances d'être tué ou blessé augmenteraient. Je pouvais augmenter les statistiques de pertes en entrant dans une de ces trois catégories ; maladie ou blessure extérieure au combat, WIA ou SIW (Self Inflicted Wound ndlr).

La Normandie était devenue comme un cours accéléré de guerilla, du genre flics contre voleurs, cowboys contre indiens. On ne savait jamais à quel moment l'un de nous allait être blessé ou tué.
Le First Sergeant Marshall Buckridge m'a appelé à le rejoindre à l'avant de notre groupe car nous étions très bas en munitions, incapable de soutenir un échange prolongé. Je lui dis que je pouvais me charger d'aller chercher des munitions. Il me répondit : "Non, pas toi, prends un volontaire."
Je revins vers mon squad en rampant dans les herbes hautes et demandais des volontaires. Franck Ficarrota, après un long silence, fut le premier à prendre la mesure du sérieux de la situation. Il haussa les épaules et se porta volontaire. Il rampa jusqu'à la barrière du champs et s'en alla. Il chemina par la route qui était parallèle à la haie. A l'intersection suivante, il grimpa par un trou dans une haie, suivi du Lt Ed Janssen. ils restèrent tous deux accroupis en haut du talus quelques instants. C'était de nouveau une situation imprudente et non anticipée comme celle que j'avais vécue en faisant le tour du champs pour ce lieutenant. Franck Ficarotta fut atteint en pleine tête pour être resté trop longtemps exposé accroupi sur ce talus. Son corps sans vie glissa le long du talus. Il n'avait pas dit un mot. Il était mort. son visage était tout violacé. Tony Das, en apprenant la mort de Franck dit : "Oh No! Franckie boy!" Ils étaient les meilleurs amis du monde. Les soldats de l'infanterie n'ont pas beaucoup le temps de se lamenter. Il n'y avait rien à dire de toute façon. Les soldats de l'infanterie ne peuvent "qu'avaler leur coeur avec leurs larmes".

Ed Janssen, C/501, capitaine en fin de guerre...
gennaker a écrit:
Lt Janssen était juste derrière Franck et la balle qui l'a tué a aussi touché Janssen à l'estomac. Lt Janssen allait récupérer de cette blessure et serait avec nous pour le saut sur la Hollande. Dans l'avion qui volait vers les Pays-Bas, un obus de flak a traversé la portière et l'a touché à la jambe. Il a sauté malgré cette blessure et a dû être évacué. Il est mort souffrant toujours de cette blessure qui a débouché sur une amputation en 1994.
Notre patrouille a continué à fouiller individuellement ou deux par deux chaque maison d'Addeville. La tension était grande et nous étions tous mort de trouille. Nous avons rapidement quitté le village en suivant les fossés, et en nous abritant le long des murs et des haies. Alors que je fouillais une maison, je suis passé devant une fenêtre quand un tir de sniper a traversé le carreau, la balle s'écrasant contre le mur du fond, projetant un éclat contre mon genou gauche. J'ai eu l'impression qu'on venait de frapper avec un marteau pilon. Et pourtant la balle avait perdu de sa vélocité en frappant le mur! J'ai pu retirer la balle qui était resté dans les plis de mon jump pants. J'ai regardé et vu que ma blessure était superficielle. Les courageux se font blesser autant que les lâches, car les éclats d'obus se moquent de l'état d'esprit des soldats qu'ils frappent.

On a enduré l'insoutenable, car la nervosité au combat agit comme une maladie. Vous la subissez sans pouvoir l'arrêter, alors que cela vous dévore de l'intérieur. On réalise que toutes les fonctions vitales sont à l'arrêt. On perd du poids, on perd le sommeil, on perd l'appétit... et on adore la vibration de son arme quand on presse la détente..."

TO BE CONTINUED... THE FIGHT FOR LA BARQUETTE
gennaker a écrit:
"...Toute l'action semblait concentrée devant moi, au bas de la route. Je voyais la route empierrée, pleine de flaques d'eau qui brillaient dans la lumière de l'aube. Toute mon énergie me poussait vers l'action. Il y avait un grand rassemblement de troopers du 501st et du 506th dans un champs. Tous avaient été mal largués quelques heures auparavant.
Major Allen, bouillant d'énergie, rassemblait tout ce beau monde à Basse Addeville, à deux km au Nord Ouest de l'écluse de la barquette. L'organisation de ces paras se passait en bon ordre et des groupes de troopers qui avaient réquisitionné du matériel des fermes et qui se faisaient aider par des paysans normands partaient dans les champs environnants à la recherche des equipment bundles pour en équiper les squads. Il nous fallait sérieusement trouver de l'approvisionnement en armes et en munitions. Nous n'avions que ce que nous avions pu emporter sur nous pour sauter. Un M 3 ou un poignard perso n'allait pas suffire au boulot qui nous attendait. Lors de cette quête pour les bundles, on a dû livrer un certain nombre d'escarmouches avec les allemands, et nous avons déplorer des pertes légères. Les petites charrettes des fermiers nous servaient à emporter le plus invraisemblable bric à brac militaire. Tout ce dont nous n'avions pas besoin, nous l'avons jeté, particulièrement le masque à gaz. Les grenades étaient un ustensile particulièrement recherché.

A 1 heure 30 du matin, le stick de l'avion du Colonel Johnson avait été longuement retardé par un bundle coincé dans la portière du C 47. Lumière verte allumée, et empêchés de sauter, les troopers avaient craint d'être largués au dessus de la Manche. Mais au lieu de cela, ils avaient atterri juste en limite de la DZ D. mais l'avion de Johnson avait été brillamment éclairé par l'incendie allumé par les allemands à la ferme Fortin, et tous les soldats avaient pu observer sa descente. D'où l'accueil un peu chaud qu'avait subi le colonel en atterrissant juste devant le portail du château Bel Esnaut, où demeuraient de nombreux officiers allemands. En arpentant la campagne Normande, Johnson avait un peu plus tard pu rassembler des groupes de troopers du 501st et du 506th, et avait fait route vers son objectif de a barquette. Très vite, Johnson avait pu disposer de près de 1150 troopers. En arrivant à l'intersection plus tard rendue célèbre sous le nom de Hell's Corner, Johnson avait divisé son groupe en deux, assignat une centaine d'hommes à la défense de Pénême, faisant face à Utah beach.

Les autres 50 troopers sprintèrent de Hell'scorner jusqu'à la rive sud de la Douve où ils s'enterrèrent en position défensive. Le Private campos fut blessé par mortier lors de la traversée de l'écluse..."
gennaker a écrit:
Cette action permit aux 501st de passer à son objectif suivant, la route Nationale 13 et le contrôle de ses 4 ponts, ainsi que la destruction de la voie ferrée en direction de Cherbourg. Ceci afin d'empêcher les allemands d'envoyer des tanks et de l'infanterie contre la 4 ID débarquée à Utah, à 6 km plus au nord. Les tirs d'artillerie allemands venant de Carentan contre la RN 13 étaient alors légers et sporadiques.
Les américains avaient été chanceux, d'une certaine manière, car si les allemands avaient ouvert les écluses juste avant le débarquement à Utah, la montée des eaux auraient forcé les 4th et même 29th ID à débarquer plus au nord. Les américains se seraient ainsi vu privés des sorties 1, 2, 3 et 4 qui menaient à Ste Mère Eglise. Ces chaussées, tenues par les paratroopers, auraient ainsi été inaccessibles aux troupes venues par mer. Comme les écluses étaient fermées, le terrain était pratiquabless pour les américains comme aux allemands qui ont pu en faire usage défensivement et offensivement. Dans les premières heures de l'invasion, allemands et américains se sont battus pour le contrôle de ces chaussées. Une fois que les américains se sont rendus maîtres des chaussées, on a réalisé que les allemands défendaient très légèrement les écluses car ils avaient minés les pâturages environnants. Ils avaient aussi positionné des nids de mitrailleuses, des mortiers et de l'artillerie en une ceinture à près d'un km tout autour de Carentan, et sur toutes les hauteurs dominant les marais. Leur artillerie avait eu quatre années pour reconnaitre et identifier toutes les cibles possibles du secteur, et ainsi, chaque pouce de terrain leur était connu et facile à couvrir d'un feu meutrier.
Vers midi, le 6 juin, Johnson, dans le secteur de la barquette, Penême et Hells corner, reçu l'information que Major Allen avait rassemblé à Addeville une force considérable d'environ 150 troopers, chaud bouillant d'aller au combat. Johnson savait qu'il lui fallait des renforts pour atteindre les objectifs de D company 501st, attaquer les ponts, la Nationale et la voie ferrée afin de bloquer la partie dud de la péninsule du Cotentin. un peu plus tôt le matin du 6 juin, Johnson avait envoyé une patrouille de "demolitionist" vers les ponts de la RN 13, avec mission de les faire sauter si les allemnds y envoyaient des tanks. La patrouille revint en disant que les ponts étaient très sévèrement défendus. il fallait une force supérieure pour s'en emparer. Colonel Johnson réunit immédiatement une cinquantaine de troopers et fonça vers Addeville pour contacter Allen, qui était déjà engagé avec le FJ6, alors que Ballard connaissait le même sort aux Droueries. Johnson donna l'ordre par radio à Ballard ( Lt Col. Robert A. Ballard, CO 2/501st ) de rompre l'engagement et de se rendre à Addeville ausi vite que possible. L'idée de Johnson était de réunir les forces de Ballard, Allen et la sienne et de s'emparer ou détruite les ponts de la RN 13.

Ballard fit savoir à Johnson qu'il lui était impossible de rompre l'engagement. Il y avait un fort contingent de fallschirmjaeger devant lui et entre lui et Major allen. Johnson s'est beaucoup énervé, et les relations entre les deux hommes en ont été très perturbées par la suite. Johnson voulait à tous prix attaquer et prendre les ponts. Il réunit les soldats d'Allen à Addeville et ordonna à ses hommes d'abandonner leur musette bag et tout équipement : "Stay light!" Nous avons aligné nos affaires dans un pré. On ne les jamais revu. On a quitté Addeville dans le sillage de Johnson...
gennaker a écrit:
"...Addeville était sous le nez des observateur d'artillerie allemands. On a progressé rapidement. Toutes sortes de pensées nous traversaient l'esprit. L'enfer se déchaina sur ce morceau de péninsule imbibé de sang, des milliers d'hommes déchirés par les chiens de guerre... et la seule pensée qui m'occupait, c'est que j'avais laissé dans ma musette bag un demi kilo de sirop d'érable qui m'avait été donné par une amie de ma mère juste avant que je ne quitte les States. Je l'avais à peine gouté durant le séjour en Angleterre, le gardant pour les mauvais jours... et à présent, il n'e m'en restait rien! En quittant Addeville et en pénétrant en terrain découvert, nous évoluions sous le nez de l'artillerie allemande. Leurs observateurs n'étaient pas très perspicaces, et ne pouvant discerner si nous étions amis ou ennemis, ils n'ouvrirent pas le feu sur nous. Nous parvinmes ainsi à hell's corner, à 200 mètres de la barquette, sans que les allemands ne nous identifient. J'imagine qu'ils savaient que les fallschirmjaeger di Baron colonel von derr Heydte étaient dans les parages. tout le premeir bataillon de von der Heydte contournait Addeville par l'est pour éviter les combats que livraient Major Allen, et rejoindre leur régiment à Carentan. Ce faisant, ils ignoraient que -Johnson tenait Pénême. Ils faisaient ainsi route au sud, laissant Utah beach sur leur gauche, et les marais sur leur droite. Ils évoluaient avec une certaine désinvolture, certains probablemnt d'être couvert par leur artyillerie à Carentan. Pour nous américains planqués dans les fossés et les haies, c'était un spectacle incroyable. On les entendait canter, alors qu'ils avançaient dans 30 cm d'eau, leurs armes négligemment portées en bandoulière.
Alle et Johnstone organisaient fébrilement leur défense autour de pénême. Ils disposaient de 150 à 190 hommes. Les gars de Allen qui nous avaient rejoint s'alignèrent au bord de la route à Hell's corner. En voyant avancer les allemands, je réalisai que nous étions largement inférier en nombre, car ce ne sont pas moins de 500 falschirmjaeger qui avançaient vers nous. mais ni eux pas plus que nous, ne sembalient avoir la puissance de feu pour soutenir un long duel...."
gennaker a écrit:
Ils avaient des fusils et des mitrailleuses ; nous avions des mortiers, des mitrailleuses et des grenades. Colonel Johnson ordonna qu'on ne tire que sur son ordre, lorsque les allemands seraient suffisamment prêts de nos lignes. Les allemands impuissants étaient observés par les yeux fiévreux et enragés des bandes de paratroopers disséminées de par et d'autre de la route de Pénème. Ils marchaient dans l'eau des marais, sautant les canaux, sans se douter qu'ils avançaeint droit dans un traquenard. Les fallschirmjaeger avançaient dans l'étau qui enserraient leurs flancs. Ils étaient piégés! D'impatients GI's un peu trop nerveux qu'aucun officier ne contrôlait, ouvrirent le feu par sacade. La lente colonne allemande fut prise sous un feu dévastateur avant de pouvoir plonger au sol. Les américains commencèrent à crier aux allemands de se rendre. L'officier allemand répondit : "Il est encore trop tôt!" Colonel Johnson se risqua dans la "killing zone" pour obtenir un cessez le feu. Il avança sous couvert d'un drap blanc, essuyant des tirs sporadiques. Il put parlementer avec deux soldats allemands. Il leur demanda de dire aux fallschirmjaeger de mettre baionette au canon et de planter leur fusil dans le sol, casque posé sur la crosse, en signe de reddition. Johnson et ses deux plénipotentiaires essuyèrent de nouveau coups de feu qui déclenchèrent une nouvelle fusillade. De nombreux allemands, y compris ceux qui voulaient se rendre, furent tués. Johnson et Pvt Leo Runge laissèrent passer la fusillade, et entamèrent une nouvelle négociation avec l'officier allemand. Le fusillade s'estompa, et les allemands commencèrent à se lever, et à avancer mains levées vers les GI's. Captain Mc Reynolds, le Regimental adjutant venu de Addeville avec Allen, se chargea de s'assurer du désarmement, et du regroupement des allemands sur la rote de Pénême. C'est à ce moment que l'artilerie allemande qui avait observé toute la scène, se décida à déclencher un barrage de 88. De nombreux alemands furent tués, ainsi que captain Mc Reynorlds. Quelques allemands fanatiques essayaient de poursuivre le combat dans les marais. Bientôt, la fusillade cessa.
Dans le même tremps, à Addeville, le Regimental Chaplain Francis Sampson commença à recevoir les blessés de Pénême dans la petite Aid Station. Un petit détachement de fallschirmjaeger traversa Addeville désormais non défendue par Allen parti rejoindre Johnson. Les allemands fouillèrent l'Aid Station. Ils emmenèrent Sampson et au bout de 300 mètres, le plaquèrent contre un mur, et armèrent leurs armes. Sampson essaya de réciter une prière, et la seule qui lui vint en tête était le Bénédicité (prière d'avant repas!!) Des coups de feu claquèrent. C'était un sous officier allemand qui tirait en l'air pour attirer l'attention des deux fallschirm qui s'apprêtaient à éxécuter Sampson. Il s'approcha du groupe en courant. C'était un jeune soldat fort bien mis d'environ 25 ans. Il parla aux deux soldats, et dans un anglais approximatif, demanda à Sampson de le suivre. Sampson lui expliqua qu'il était prètre et catholique. Le jeune allemand claqua des talons, se mit au garde à vous et le salua. Il lui dit de retourner vers ses Kameraden. Avant de le quitter, il montra à Sampson, accroché à l'intérieur de sa vareuse, un petit crucifix...

"Father Francis Sampson

La Aid station de sampson à Addeville
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