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 Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944

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MessageSujet: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Jeu 22 Nov - 14:10

Cpt Scheffel's fighter a écrit:
J'avais envie de le partager avec vous. C'est un peu le Jour-J pour les Belges. Dommage que ce soit si méconnu !

I. Introduction

2 septembre 1944. Une date qui devrait être aussi connue et emblématique pour les belges que le 6 juin de la même année pour les français. En effet, c’est à cette date que les premières forces alliées entrent en Belgique pour nous libérer du joug nazi.

Le 6 juin, les alliés débarquent, le 1er juillet, Cherbourg tombe, le 15 août un second débarquement a lieu en Provence et le 25 août, Paris est libéré. Ce n’est qu’une question de semaine avant d’atteindre les portes du Reich.

Avant l’Allemagne cependant, les troupes de la 1st U.S. Army du Général Courtney Hodges, doivent passer par la Belgique. Et c’est dans un petit village à deux pas de la frontière française, que les américains laissent leurs premiers sacrifices sur la terre belge, à Monceau-Imbrechies.

Les douze premiers héros de notre liberté sont tombés le 2 septembre 1944 en milieu de journée…

II. Les derniers jours en France

Le 1er septembre 1944, le VIIth Army Corps est à une vingtaine de kilomètres de la Belgique, aux portes du Hainaut. L’ordre du Général Collins arrive à toutes les divisions du corps d’armée, le lendemain il faut entrer en Belgique. Les 1st et 9th Infantry Division supportées par la 3rd Armored Division font mouvement vers le nord. La 1st Infantry Division – Big Red One – au nord, avance vers l’est en direction de la ville de Mons, là même où ils feront prisonniers près de 70.000 allemands. La 9th Infantry Division au sud, doit avancer vers le nord, jusqu’à Philippeville pour bifurquer sur Dinant et y passer la Meuse. Entre les deux divisions d’infanterie, la 3rd Armored Division leur apporte assistance, bien que plus occupée au nord, entre Mons et Charleroi.

La veille du 2 septembre, la 9th Infantry Division prend position le long de la frontière belgo-française sur une courbe longeant ladite frontière allant de Cousolre au nord, jusqu’à Signy-le-Petit au sud (cf. carte 1).


Carte 1 : Situation des unités au soir du 1er septembre 1944.

Le 47th Infantry Regiment loge à Vervins puis part vers Plomion, où ils découvrent un massacre de civils. Le 39th est à Hirson. Les trois bataillons du 60th sont en ligne droite de nord en sud, le 2nd à Rozoy-sur-Serre, le 1st à Brunehamel et le 3rd est à Aubenton.

Aucune unité ne doit passer la frontière, sauf une jeep du 9th Reconnaissance Troop, qui part d’Aubenton et fonce vers la frontière belge à travers bois. Ils passent par Any, Neuville-aux-Joutes, passent la frontière à Cendron le soir du 1er septembre, et continue vers la Loge Wactiaux avant de retourner en France. C’est les premières incursions en Belgique, et rencontrent durant cette « ballade » un habitant de la région, un certain Fernand Boudru.


Entrée de Cendron en venant de France, pont sur la Wartoise.

III. Cendron et Forges-Phillipe

Au soir du 1er, au quartier général de la division, on reçoit l’ordre du général Collins de passer la frontière. L’ordre est donné aux trois commandants des régiments d’entrer en Belgique. Le 47th Infantry Regiment doit prendre Beaumont, les 39th et 60th Infantry Regiments quant à eux doivent prendre Chimay et Couvin.

Le lendemain matin, la première unité à passer la frontière est une unité du 1st Battalion du 60th Infantry Regiment, à 8h15. Je vous épargnerais les polémiques et calculs concernant cet horaire, par ailleurs très intéressant, que vous pouvez découvrir dans le livre DELAHAYE P., Cendron, Liberté !, IP Éditions, 2009, 147p.

Juste avant de passer la frontière, l’avant-garde du I/60th I.R. est à la douane de Neuville-aux-Joutes (6h00), et y rencontre Madame Hermance Doly, tenancière du café de la douane. Ils l’interrogent sur la présence allemande de l’autre coté de la frontière : les derniers allemands sont partis de Cendron deux heures plus tôt. La voie est libre, les GIs lui propose de libérer la Belgique, ce qu’elle fera en montant dans la jeep de tête qui entra à Cendron.


Photographie d'Hermance Tilquin dite "Doly"

Les dix premiers kilomètres sont agréables. Les premières compagnies remontent vers Seloignes par différents itinéraires. L’avant-garde – avec la compagnie A - suit le chemin le plus direct, alors que les B et C partent vers Rièzes ou vers l’Abbaye. Une unité atteindra même le domaine du Lohan !


Photographie des premières jeeps ayant passé la frontière à Cendron

Entre Cendron et Forges-Philippe est attendu un atterrissage d’un piper-cub, qui devra surveiller les communes de Momignies et Chimay durant toute la journée du 2 septembre. Très rapidement à Cendron, on y voit passer des jeeps, des dodges, des GMC et les premiers blindés qui foncent vers Seloignes.


Comité d'accueil de cendron derrière un panneau de l'occupant allemand

A la Loge Wactiaux, les troupes américaines reçoivent le premier « vrai » accueil belge, et la colonne y prend du retard. On s’embrasse, les civils offrent des fleurs, à manger, à boire à leurs libérateurs.

IV. Seloignes

Après la Loge et le Fourneau d’Oise, les unités américaines continuent leur route vers Macon, sans rencontrer la moindre résistance. Mais on sait désormais que les allemands sont dans le secteur, grâce aux divers témoignages plus ou moins précis des habitants, qui pensent plutôt à fêter la libération qu’aux insignes de cols des allemands en fuite du matin.


Passage du Fourneau d'Oise et arrivée à Seloignes

Aussi, en prévision d’un éventuel besoin de support, une batterie du 60th Field Artillery se déploie dans un champ près de Seloignes, au sud de Macon, et trois obus seront immédiatement tirés vers Monceau-Imbrechies, où l’on signale du mouvement ennemi.


Mise en batterie de pièces d'artilleries à Seloignes par le 60th FABn

À 10h15, deux heures après l’arrivée à Cendron, la gare de Seloignes est atteinte. Il ne reste plus qu’une longue route droite vers Monceau, à travers le bois. Route parfaite pour une défense de Monceau-Imbrechies puisqu’il coince la colonne sur la route et qu’il suffit d’un canon et d’une mitrailleuse au bout de cette route pour faire des ravages dans les rangs américains.


Passage d'une Jeep de HQ/60th IR à la gare de Seloignes

Décision est prise par le capitaine Moore, commandant de la compagnie A, de faire passer ses troupes par l’ancien chemin de Monceau pour éviter cette longue ligne droite. Les premiers éléments arrivent au Trieux, faubourg de Monceau-Imbrechies et à 10h30, la première jeep s’arrête devant l’église.

V. Monceau-Imbrechies

Il est 10h30 quand la première jeep s’arrête à l’église de Monceau. Jusqu’ici, mis à par les quelques obus tirés par les 105mm américains à Seloignes, aucun coup de feu n’est tiré. À Seloignes une demi-douzaine de soldats allemands sont faits prisonniers. C’est à ce moment-là qu’on a la confirmation, même si au quartier général de la division on le savait : les troupes ennemies font partie de la redoutable 2. SS Divizion « Das Reich », auteur du massacre tristement célèbre d’Oradour-sur-Glane.

Les troupes que les Devils du Colonel Gibney ont en face d’eux ne sont donc pas des trop vieux ou trop jeunes soldats qui pourraient éventuellement se rendre. Un capitaine du 39th Infantry Regiment explique dans ses mémoires qu’à la réception de l’identification ennemie près de Momignies, le sentiment de peur qu’il avait perdu depuis la fin de la bataille de Normandie revint (Charles SCHEFFEL – Crack ! and Thump) après avoir reçut l’information du massacre de Plomion par les SS de la Das Reich.

À Monceau-Imbrechies, un GI monte dans le clocher de l’église pour tenter d’apercevoir Macon. Mais Monceau est dans une cuvette, et il est impossible de voir Macon de sa position. Il faut donc monter sur la crête, quelques centaine de mètre plus loin, pour observer Macon, objectif de la compagnie.

De nouveau, des batteries de 105mm sont installées dans le bas du village. Le lieutenant Cook commandant un platoon de la compagnie A reçoit des œufs d’un habitant au bas de la rue de la Carrière, qu’il monte avec ses hommes, à l’affut de tout bruit ou mouvement suspect. Presqu’arrivés à la fin de la côte, une petite étable à droite est choisie pour le dîner. Soudain, des obus tombent sur l’étable, observée par un SS dans un arbre à quelques centaines de mètre de là. Le lieutenant sort [ou s’avance à la fenêtre] et reçoit une balle de mitrailleuse lourde dans le casque. C’est le premier américain tombé sur le sol belge.


Casque du Lieutenant Cook conservé par la famille de la ferme de Monceau

Les SS qui observaient tous les mouvements américains depuis leur poste d’observation, étaient reliés à leur PC situé à l’ancienne pharmacie de Macon qui donnait l’ordre à leur unique pièce d’artillerie de faire feux, ce qu’elle faisait avec précision. Ils envoyèrent également une petite DKW occupée par quatre soldats pour effectuer une reconnaissance au château de Monceau-Imbrechies, sur le sommet de la bute, ce qu’ils firent. Battant en retraite, un M8 américain les prit pour cible, et ils sont stoppés par la mitrailleuse dans le virage dit du « Terne Rousseau ». Le chauffeur quitte le véhicule et regagne Macon et le M8 continue le feu, lui coupant une jambe. Le passager se rend, les deux autres semblent avoir été tués. Le blessé et le passager sont repris par les américains, transférés à l’arrière. Le blessé décèdera sur la route vers Cendron.

Les SS ont compris, en quelques instants, c’est toute la compagnie A du 1st Battalion qui envahissent le secteur, et les pièces d’artilleries de Monceau-Imbrechies et de Seloignes ouvrent le feu sur les positions allemandes, certainement grâce au piper-cub qui surveille la zone. La réponse allemande ne se fait pas attendre. Dès lors s’échangent des tirs de tout calibres, et les GIs de la compagnie A subissent leur premières pertes en Belgique. Tout vole en éclats, et les soldats sont impuissants devant un tel chaos. De plus, les tirs allemands sont extrêmement précis, l’observateur étant toujours en poste au calvaire entre Monceau et Macon. N’en ayant pas connaissance, les officiers américains dirigent leurs tirs sur l’église de Macon, et ce afin de préparer l’offensive des blindés sur le village.

L’observateur fait toujours des dégâts sur Monceau-Imbrechies. Des maisons sont en flammes dans le village, et les compagnies commencent à s’entasser au fond de Monceau. Les 1st et 2nd Battalions sont maintenant prêt à faire mouvement, mais le risque est encore trop élevé. Il suffirait de sortir du village pour que toute une colonne soit anéantie.

Après la perte de 12 hommes, décision est prise, par le Lieutenant-colonel Hardage (1st Bn) et le Captain Urban* (2nd Bn) (qui sera blessé le lendemain), d’envoyer un groupe neutraliser le guetteur. Un squad mené par le Sergeant Dickinson, se frayera un chemin à travers les bois de Monceau, par le « vieux chemin de Macon », longeant les étangs d’Imbrechies, puis passant entre Macon et Momignies, en prenant soin de ne pas se faire repérer, il vont effectuer une grande boucle pour se rabattre entre Baives et Macon, et prendre ainsi par derrière les allemands. Ils repèrent alors une batterie électrique au pied d’un arbre. L’observateur est juste au dessus. Un coup de feu, et le SS tombe au pied de son poste d’observation. La patrouille va rester caché dans le bois jusqu’à l’arrivée des « collègues ».
Du reste, les SS sont maintenant aveugles et ne peuvent qu’attendre l’arrivée imminente des américains, sans rien faire. Ils tenteront de s’échapper hors de Macon vers Baives pour atteindre les forêts de Trêlon-Eppe-Sauvage. Pas de chance pour ces SS en fuite, ils tomberont sur, justement, la compagnie C du 39th Infantry Regiment du Captain Scheffel accompagnée du 746th Tank Battalion, placés à Eppe-Sauvage en réserve de la division.

VI. Macon

Le « Clear » est donc envoyé à Monceau par le Sergeant Dickinson, les chars peuvent faire mouvement vers Macon. Justement, la compagnie B du 899th Tank Destroyer Battalion est à Seloignes à 13h00. À 14h30, c’est l’attaque générale. La compagnie se divise en trois groupes qui foncent tout droit sur Macon, dévastant les prairies sur leur passage.


Macon, vers 16h, les Destroyers de la compagnie B du 899th Tank Destroyer Bn arrivent dans le village

Mais arrivés dans les faubourgs de Macon, aucun tir n’est reçu, Macon est « ville ouverte ». Les SS ont fuit, laissant le village vide et sans résistance. A 16h00, la voie est libre pour la valeureuse patrouille de Dickinson, qui sera accueillie par le bourgmestre de Macon et par les habitants.


Patrouille du Sgt Dickinson après avoir supprimé l'observateur SS qui dirigeait les tirs d'artillerie


Patrouille du Sgt Dickinson en 2011, au même endroit, reconstitué par la 101st Airborne Belgian Friendly

La Ligne Forge-Philippe-Macon est libérée, c’est le premier secteur libre de Belgique.

Cliquez ici pour voir la progression sur carte HD ==> CARTE

*A suivre : l'histoire du Captain Matt Urban qui à ce moment là, commandait le 2nd Bn...
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MessageSujet: Re: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Jeu 22 Nov - 14:10

Mc LOS a écrit:
Wouaw, ça c'est du reportage !

Merci Clem Wink
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MessageSujet: Re: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Jeu 22 Nov - 14:11

bergamotte a écrit:
beau reportage
merçi
Bergamotte
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MessageSujet: Re: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Jeu 22 Nov - 14:11

mimi a écrit:
beau reportage merci , bisous Mimi
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MessageSujet: Re: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Jeu 22 Nov - 14:11

TAYLOR a écrit:
cheers Merci clement , j'adore les photos avec les civiles
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MessageSujet: Re: Le D-Day en Belgique : 2 septembre 1944   Aujourd'hui à 13:34

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