CARENTAN LIBERTY GROUP

forum du Carentan Liberty Group
 
AccueilPortailCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Hürtgen stories...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:43

Cpt Scheffel's fighter a écrit:
Je propose de vous faire partager des petites anecdotes, histoires ou faits exceptionnels (je vous rassure, il n'y a que ça ;-)) qui se sont déroulés durant la bataille de la forêt d'Hürtgen.

Avant tout il faut peut-être replacer dans son contexte cette bataille qui fut mise - pour nous européens - de côté de la mémoire collective par les opérations en Hollande tout d'abord, puis dans les Ardennes ensuite.

Charles B. MacDonald la fait commencer le 19 septembre 1944 et terminer en "décembre 1944". En réalité elle dura beaucoup plus longtemps. Le premier jour réel de la bataille, le 13 septembre. L'objectif de cette bataille étant de prendre les villes d'Aix-la-Chapelle (qui se fera assez rapidement contrairement à ce que l'état-major du VII Corps avait imaginé) et de Düren (devant être prise à l'origine le 13 septembre, mais qui mettra beaucoup plus de temps à être capturée).

Düren se trouve sur la Roer, et sa possession permet de contrôler une porte d'entrée vers l'Allemagne, mais également de prévenir toute contre-attaque venant de l'est vers la ligne "Aix-le-Chapelle - Liège - Anvers".

Je considère que la bataille pendra fin le 6 mars lorsque les premières troupes alliées atteignent Cologne. Ma vision des choses est strictement personnelle, et chacun aura un avis différent.

Mais quoiqu'il en soit : 14 septembre 1944 -> 6 mars 1945, cela fait quand même près de 6 mois de combats acharné dans une forêt presque irréelle. Emmingway dira de cette bataille que c'est un Passchendaele avec des arbres qui explosent...

Mais parce qu'à son début, des parachutistes sautaient sur la Hollande, parce qu'à son milieu, des parachutistes arrivaient dans les Ardennes, parce qu'à sa fin, des parachutistes éliminait les dernières forces allemandes dans les Ardennes, parce que le Hürtgenwald se trouve en Allemagne, parce qu'on ne sait toujours pas si c'est une victoire ou une défaite alliée, cette longue et importante bataille a en quelques sortes sombré dans l'oubli collectif. Et pourtant !

Voici les forces engagées dans la bataille :

Citation :
U.S. divisions

1st Infantry Division
4th Infantry Division
8th Infantry Division
9th Infantry Division
17th Airborne Division
28th Infantry Division
78th Infantry Division
82nd Airborne Division
83rd Infantry Division
104th Infantry Division
2nd Armored Division
3rd Armored Division
5th Armored Division
7th Armored Division
366th Fighter Group
2nd Ranger Battalion

Divisions allemandes

85th Infantry Division
89th Infantry Division
275th Infantry Division
344th Infantry Division
347th Infantry Division
353rd Infantry Division
3rd Parachute Division
3rd Panzergrenadier Division
116th Panzer Division
12th Volksgrenadier Division
47th Volksgrenadier Division
246th Volksgrenadier Division
272nd Volksgrenadier Division
326th Volksgrenadier Division

...
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:44

Mc LOS a écrit:
Excellente idée Clem !

On ne sait en effet pas grand chose de cette bataille que les Allemands ont sunommée eux mêmes "leur verdun de la 2de guerre".
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:44

Cpt Scheffel's fighter a écrit:
- 1 -

[23 septembre 1944 - Entre Lammersdorf et Rollesbroich - "K" co. - 39th Inf. Rgt. - 9th Inf. Div.]

D'après l'After Action Report du régiment :

Citation :
Les conditions climatiques n'étant pas assez bonnes pour lancer l'attaque qui avait été décidée la veille - incluant l'utilisation de fumée pour masquer l'observation ennemie - les activités de patrouille ont continué, et la compagnie "K" a continué ses opérations de nettoyage des bunkers qu'elle a encerclé. Certains résistaient encore malgré les efforts déployés pour y pénétrer. Après plusieurs couches successives de dynamite placée et explosée (plus de 300 lbs [136 kg]), l'ennemi s'est rendu. (...)



Un des bunkers de la ligne Siegfried passant à Rollesbroich, détruit à la dynamite par le 39th IR.
Ceci vous donne un petit exemple de a) la détermination des allemands à tenir le terrain et de b) la violence des combats qui s'y déroulaient, alors qu'on est seulement à la première phase (septembre-octobre), celle censée être la moins difficile puisqu'on se bat encore contre des enfants ou des papys...
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:45

gennaker a écrit:
Ah ces Universitaires Belges! quelle passion!
Bravo et merci Clem!
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:45

Ragnar a écrit:
Un livre vraiment parfait pour connaitre cette bataille mise sous silence
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:45

Cpt Scheffel's fighter a écrit:
- 2 -

[14 septembre 1944 - Lammersdorf - "C" co. - 39th Inf. Rgt. - 9th Inf. Div.]





La bataille de la forêt d'Hurtgen commence...

Le 13 septembre au soir, la première ville allemande est capturée par le 1st Bn. du 39th I.R., la compagnie "C" en tête. Il s'agit de Roetgen (ou Rötgen), ville frontière au nord-est d'Eupen.

Charles Scheffel (C.O. de la compagnie "C") s'en souvient :
Citation :
Nous avancions prudemment à travers les bois sombres alors qu’une pluie brumeuse nous trempait jusqu’aux os. Nous progressions le long d’un étroit chemin jusqu’à arriver près d’un poste de garde vide à l’extérieur de la ville de Roetgen. Notre éclaireur leva la barrière du poste frontière, et nous passâmes la frontière, sans doute parmi les premières forces américaines à entrer en Allemagne. La petite ville semblait vide. Les ordres un peu vagues que nous avions reçu ce matin n’étaient accompagnés d’aucun rapport ni instruction spécifique. J’ai sorti une carte Michelin que j’avais prise d’un officier allemand mort en Normandie et j’ai analysé la suite possible. Nous devions rencontrer l’ennemi de nouveau et rapidement, mais où ?



(Charles en Sicile, lorsqu'il était encore Lieutenant)

À la tombée de la nuit, le bataillon s'installe à l'extérieur de la ville pour y passer la nuit. Roetgen avait été désertée aussi bien par les troupes ennemies que par les civils. Scheffel envoya malgré tout des patrouilles par sécurité, et l'une d'entre elle, ayant découvert une voie ferrée (ce qui est toujours inquiétant, puisque cela signifie que l'ennemi peut facilement recevoir du renfort), voit arriver un train à une allure très lente. Il s'arrête, en sortent des civils à l'attitude fantomatique, transportant des valises et autres baluchons. Un des soldats de la patrouille dans son rapport les comparera à des réfugiés morts-vivants. Ils descendirent des wagons, et sans prêter attention aux soldats américains, continuent leur "périple" vers le sud, dans les sombres forêts d'Eupen. Les GIs de la "C" co. ne les reverront jamais.

La nuit est froide et humide, et le lendemain matin, Charles Scheffel se rend au P.C. de bataillon pour rencontrer celui qu'il appelle "le nouveau". Leur commandant du bataillon ayant été blessé trois jours plus tôt (LTC Henry P. Tucker), c'est le LTC Oscar H. Thompson qui le remplacera, à la grande surprise de Scheffel qui le connait déjà : Thompson était son commandant de compagnie en Afrique lorsqu'il était encore Platoon Leader dans la "B" Co.

Thompson lui serre la main amicalement, puis commence son briefing avec les officiers du régiment.

Sont présents :

- LTC Oscar H. Thompson (CO)
- CPT James Richardson (XO)
- Capt Edwin A. Perry (S-3)
- 1st LT Robert L. Bell (S-2)
- CPT Ralph G. Edgar ("A" co. CO)
- CPT Jack A. Dunlop ("B" co. CO)
- CPT Charles Scheffel ("C" co. CO)
- CPT William M. Thomas ("D" co. CO)

L'objectif d'aujourd'hui est le même que la veille... Prendre la ville de Düren, mission qui vient directement du HQ de Collins (VII Corps). Prendre et tenir la ville de Düren sur la Roer permettra de protéger le flanc droit de l'offensive des 1st ID et 3rd AD sur Aachen. Mais Thompson n'a pas l'air convaincu, et tous au bataillon croient que Collins a oublié qu'ils étaient sur la terre sacrée de l'ennemi, et non plus dans le nord de la France... De plus, il faut traverser une forêt extrêmement dense et difficile tant au niveau du type de terrain que du relief. La route qui mène à Düren traverse cette forêt d'Hurtgen et passe par plusieurs petites villes : Lammersdorf, Rollesbroich, Germeter, Vossenack, Hürtgen, Grosshau, Kleinhau, Gey et puis Düren, sans oublier la fameuse ligne "Siegfried" qui coupe la forêt depuis Aachen jusqu'au sud de Monschau.

Scheffel le sent, il le dit, il l'écrit même : "It's going to be a long day" (Ce sera une longue journée). Ordre de marche pour atteindre la première étape (Lammerdorf) : "C" co. en tête avec un platoon de la "C" co. du 746th Tank Battalion (4 chars Sherman), la "A" co. sur la gauche et la "B" en réserve à l'arrière. La "D" reste sur Roetgen pour couvrir l'avance du bataillon vers Lammerdorf.

La route qui mène à la ville se trouve être une nationale qui vient d'Aachen, passe par Roetgen, oblique vers l'est pour joindre Lammerdorf pour remonter vers le nord et atteindre Düren (la fameuse route de la forêt d'Hürtgen - Bloody Forest Road). Malheureusement, aucun autre accès. Charles l'imagine bien, l'ennemi doit surement les y attendre.

Départ vers 9h30 du matin, et le 1st Bn a "l'honneur" d'être accompagné du HQ divisionnaire avec la présence du général Craig, ce qui montre toute l'importance de la progression. quelques centaines de mètres et déjà un canon antichar ennemi tire sur la colonne, heureusement sans faire de dégât est très vite neutralisé par le char de tête. La colonne continue jusqu'à un carrefour en Y. Deux solutions : à gauche l'accès direct à Lammersdorf, mais un couloir parfait pour y placer un Panzerfaust au bout ; à droite pour contourner. Charles s'avance lui-même et sort ses jumelles, observe le chemin qui part vers la droite. Il regarde sur sa carte et y constate la présence, au sud-est, d'une colline parfaite pour un observateur d'artillerie, c'est la colline 554. Il décide donc de prendre à gauche, directement vers la ville...





(Extrait de la carte US d'époque au 1/50.000° - Avancée du 1st Bn dans la journée du 14 septembre)
Une file individuelle s'engage sur la route. Les quatre chars sont suivit chacun d'un Squad d'infanterie du 1st Platoon (1st Lt Francis H. Nolan). Charles suit le dernier char accompagné de son groupe de commandement (Runner - Radio Operator - Communication Sgt). Soudain, on entend une explosion, et le char devant lui commence à reculer très rapidement. Charles plonge dans un fossé avec son radio et son runner, le Sergeant dans un autre fossé, et d'un coup s'abat sur sa compagnie un déluge d'obus de mortier et d'artillerie. De son trou dont il ne peut bouger, il voit plus loin le blindé de tête en feu et une dizaine d'hommes à terre tout autour, mais personne ne sort du char.

Et puis tout s'enchaine, le dernier char, celui derrière lequel se trouvait Charles, est touché et s'enflamme, les deux derniers blindés sont coincés entre les deux épaves immobiles et fumantes. C'est le tir au pigeon. Dans les maisons aux abords de la ville, des mitrailleuses allemandes balayent l'infanterie qui ne sait où s'abriter, les fossés des deux côtés de la route sont remplis d'hommes et certains dépassant sont touchés, et commence alors à s'entasser sur des hommes bien vivants qui ne peuvent plus respirer. C'est l'enfer. Charles ne peut pas bouger et ne voit pas la situation. Il demande à son radio d'appeler le bataillon et la "D" co., mais impossible, son opérateur radio gît sur lui, tué d'une balle dans la tête. Charles tente de prendre son SCR-300 mais personne ne répond. Les tirs d'artillerie ennemie s'intensifient, les morts continuent de s'amasser.

Soudain, le monde de Charles devient noir et silencieux. Il ne voit ni n'entend plus rien. Il essaye de bouger son bras droit mais rien n'y fait. Il croit être mort. Mais une explosion proche de lui le ramène dans le monde réel. Le corps de son opérateur radio l'empêche de bouger, et son Communication Sergeant est juste devant lui, la jambe arrachée, son uniforme rouge de sang. Charles essaye de le secouer, il ne répond pas, il est mort. Charles lève la tête et voit son Runner de l'autre coté de la route, dans le fossé opposé. Sa tête d'un coup tombe de son corps et roule entre ses jambes, il avait fait l'erreur de sortir du fossé pour rejoindre l'autre, et une rafale de mitrailleuse allemande lui coupa la tête.

Puis d'un coup, Charles reprend ses esprits et tente d'analyser la situation. Il entend un tir, caractéristique du mauser allemand, ce qui lui permet d'estimer la distance à laquelle se trouve l'ennemi : il se rapproche. Il ne faut pas rester là. Charles, dans un effort surhumain, pousse les corps qui s’agglutinent sur lui et prend conscience de la gravité de sa situation. Il est rempli de sang de plusieurs de ses hommes, mais aussi de lui. Il est touché à plusieurs endroits.

Il lui manque un doigt, son épaule est perforée, il est touché à la tête... "I wanted to find the ennemy, I did, now I'm scared" (Je voulais trouver l'ennemi, je l'ai fait, maintenant j'ai peur). Et puis soudain, il sent qu'on le tire vers l'arrière. C'est un médic de la "B" co. qui le ramène vers l'arrière. La "A" co. a contourné par la gauche dans les bois, et la "B" est arrivée pour permettre à la "C" de se replier.

C'était le premier jour dans la forêt d'Hurtgen pour le 39th IR, et ils ont progressé de quelques mètres seulement...

(Merci à mon défunt ami Charles Scheffel de m'avoir raconter énormément de choses que je peux partager avec vous)




(Charles en 2008)
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:46

Mc LOS a écrit:
Ragnar a écrit:
Un livre vraiment parfait pour connaitre cette bataille mise sous silence
En effet, nous avons les même lectures Wink
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:46

mirabelle écoute a écrit:
merci Clem
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Gliderpilot50
Admin


Messages : 11693
Date d'inscription : 25/01/2012
Age : 22

MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Jeu 22 Nov - 14:46

TAYLOR a écrit:
ouf quel histoire , on reconnais la patte , merci clem !!!
Revenir en haut Aller en bas
http://carentanlibertygroup.forumgratuit.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Hürtgen stories...    Aujourd'hui à 19:16

Revenir en haut Aller en bas
 
Hürtgen stories...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bataille de la forêt de Hürtgen
» un nouveau site t'entraide
» Psp slim&lite+memory stick 2G0+jeu Gta vice city stories
» And Other Stories
» daedra ▽ i know these will all be stories someday

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CARENTAN LIBERTY GROUP :: US ARMY STORIE :: Histoires Diverses-
Sauter vers: